Et voilà le maccarthysme arabe…

Par Walid Joumblatt

01

Et voilà que soudain, le maccarthysme arabe, qu’il vaudrait mieux affubler du nom du gang de la « moumana3a idéologique arabe », se meut pour condamner Amin Maalouf.

Oui, c’est vrai qu’Amin Maalouf a commis une erreur en accordant une entrevue à une chaîne israélienne.

A Amin Maalouf, je voudrais dire que Descartes n’est jamais passé par là, et qu’il ne le fera jamais. Le matin, nous sommes des patriotes, et le soir des traîtres. Les exemples sont innombrables. D’un côté, il y a un génocide perpétré contre le peuple palestinien, et, de l’autre, un génocide contre le peuple syrien.

Existe-t-il une différence entre les crimes de guerres commis à Gaza par Israël, et la destruction systématique d’Alep, et avant cela, de Homs, par le régime syrien? Aucune.

Dites-moi, messieurs de la moumana3a idéologique arabes, comment vous pouvez condamnez les crimes d’Israël sans prononcer le moindre mot sur ceux du régime syrien.

C’est à croire que la pensée de la moumana3a empêche toute distinction. Cette tendance me rappelle comment les grands penseurs du communisme ont occulté les crimes commis par Staline.

Je conseille à Amin Maalouf de relire Nizar Kabbani, et plus spécifiquement son élégie à Abdel Nasser, lorsqu’il a dit, s’adressant à la mémoire du défunt: « Nous t’avons tué, toi le dernier des prophètes. »

03